Café gourmand

Café gourmand

Le printemps est là. L’air doux se fait sentir. Les tenues s’allègent.
Le voici revenu dans sa vie. Encore une fois. Il n’a pas cessé de la hanter. Il est en elle. Il la possède pour toujours. Quoiqu’il ait pu se dire ou se passer et quoique lui réserve l’avenir. A nouveau, elle l’a contacté avec ses mots. Comme un lancé de bouée. Le garder dans sa vie. De la façon qu’il voudra du moment qu’il le veuille. Comme il l’a dit lui même, tout à été dit et ressassé. Enfin presque. Mais qu’importe. Elle en accepté l’augure du moment qu’il reste là. Non loin. Pas assez près ni présent ni aimant mais c’est ainsi.


Ils s’écrivent. Elle avance prudemment comme toujours. Cela, n’a pas changé. Elle ne sait toujours pas comment éviter les représailles verbales. Parfois elle pense bien faire et est en fait totalement à côté de la plaque. La réponse sèche et énervée tombe.

Et là, encore une fois elle s’en veut s’excuse semble s’aplatir, chercher le pardon, perdue. Les mots sont douloureux, les pleurs sont encore là. Victime de l’amour qu’elle lui poète. Trop lourd pour elle et trop encombrant pour lui. Une fois pourtant elle se hasarde à lui proposer un café. Et une fois encore il arrive à la surprendre en acceptant. Les échanges sont courtois. Très peu axés sur leur passé commun. Un consensus est trouvé. Être sexfriend. Se raconter leurs aventures respectives. Elle est prête à essayer. Elle sait le faire. Voir des hommes et les garder en ami sans leur demander de compte ou de sentiment. Juste du respect et des bonnes manières de la tendresse et ce qu’il faut de sexe pour se satisfaire.


Ne pas laisser interférer leurs sentiments. Oui il faut dire qu’il a aussi concéder que ses sentiments sont toujours la et avoir aussi morflé dans leur relation chaotique.
Le café serait il gourmand ? Le lieu est tout trouvé. Public pour jouer de ses peurs et exciter leur imagination.

La vue est belle et son décolleté s’y ajoutant le tout serait mirifique. Le centre commercial regorge de coins et le parking est géant. Une promesse, une menace, un plan imprécis. Elle en frissonne. D’excitation et de peur. Elle l’avoue. La peur de mal parler de mal gérer de mal se comporter. Le risque d’être cruche. De le faire regretter d’être venu. De perdre son temps. De le décevoir tout simplement. De ne pas être à la hauteur. De ce qu’il pourrait attendre, s’il attend quelque chose d’ailleurs.

Elle sortira du métro. Sans doute l’attendra t-il au pied des escalators. Ou bien directement sur la terrasse et elle le reconnaîtra de loin. Dans les deux cas elle s’avancera vers lui le ventre noué et les yeux humides. Surtout ne pas pleurer. Ne pas le toucher la première. Être dans l’attente du Bonjour. Bise impersonnelle ou baiser. Elle n’en a aucune idée. Il est quasi impossible de prévoir mais quasi assuré qu’il en jouera en rira de cette peur qu’elle a de lui.


Il a toujours été respectueux et franc. Elle lui a écrit lui a dit lui donner sa vie entre ses mains. Elle revient se présenter devant lui. Pourvu qu’il lance la conversation qu’il prenne les rennes. Lui montre lui dise comment se comporter. Quel niveau d’intimité lui accorder.
Elle sait que le café ne peut être que le prétexte à se revoir. Elle sait que le revoir juste le revoir est déjà beaucoup pour elle.Elle sait aussi qu’elle aime l’embrasser. Lui mordiller les lèvres. Comme manger son sourire. Elle aime quand il mord sa langue. Elle aime leurs baisers mordants leurs baisers gourmands. Elle sait aussi qu’il aime quand elle le prend en bouche.
Lui accordera-t-il ce plaisir dès ce jour de retrouvailles. C’est très possible. Et s’il en fait la demande explicite ou pas elle ne sait qu’elle le sucera.

Aura t’il lever le boxer comme il l’a déjà fait ? Aura t elle juste à faire sortir son sexe qui aura durci sous l’effet du décolleté conjugué aux baisers enflammés qu’ils peuvent avoir elle le   sait ? Elle embrassera amoureusement oui, amoureusement le gland. Le gobera tout doucement. Un coup de langue. Un signe de reconnaissance qui le fera tressauter. Elle jouera de sa langue pour l’envelopper d’un rideau humide et pudique que sa bouche viendra recouvrir.


Au fond de sa gorge elle le prendra. Le gardant là, au chaud, en elle, à elle. Si peu si bref mais si profond. Elle lui prodiguera ce qu’elle sait si bien faire. Encore mieux pour lui. Pour le satisfaire et le rendre heureux, l’espace d’un instant. Elle aspire ce gland, joue avec, le gobant. Sa bouche va de bas en haut et inversement. Elle sent ses mains dans ses cheveux. Elle sent ses mains pousser sa bouche à l’avaler tout entier. Elle fait au mieux, mordille taquine et mutine elle le harcelé de baisers.

Elle embrasse ce gland. Elle lèche la hampe, dessus comme dessous, elle enroule sa langue. L’enveloppe de douceur de désir, en silence elle en pleure. Elle s’applique. Le pique. Joue et au fond de sa joue le prend au chaud. Il sent son plaisir venir. Elle continue, appliquée, concentrée. Le sperme jailli. Chaud. Salé. Abondant. Elle s’en délecte. Heureuse. Trempée. Comblée enfin un peu. Le baiser qu’ils échangent, la récompense. Il n’y a que lui qui l’embrasse ainsi. Partageant sa semence. Acte de partage si emblématique pour elle. Si personnel.si sensuel. Un dernier sourire de tendresse et il reprend son masque de joueur. Car il se joue d’elle. Jour de ses peurs de ses désirs, de son amour mais un jeu honnête et franc.
L’heure du café est finie le café crème est réussi. Il est l’heure de rentrer. De se séparer. Muriel redescend sur terre et va bosser. Ce n’était qu’une pipe après tout, il faut se l’avouer. Mais quel pied quel bonheur de le retrouver. Le dialogue est encore hésitant. Il lui faudra du temps pour reprendre confiance en elle. Pourvu qu’elle sache rester à sa place. Que dure cet état de grâce, de le lire, de le voir. De l’aimer comme il se doit, comme lui le voit.

 

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