Daphné

Daphné la Douce Bergère

Va s’étendre dans la mousse

Déesse Désinhibée ou Divinité Dépravée

A quoi pense –t-elle ?

Allongée en plein soleil

A quelques doigtés coquins

Dehors, dedans, voilà là c’est bien.

 

Mais sous quel arbre s’est elle alanguie ?

Un Mûrier bien évidemment

Un arbre bien particulier pourtant

Une race rare et enivrante

Un mûrier dermophilindien

Dont l’odeur est prenante

Il se dégage de lui un je ne sais quoi

 

Pendant qu’elle rêve et qu’elle hume ce doux parfum

Un ange apparaît.

Une Marquise libertine toute de rouge vêtue

Qui s’en va rejoindre une Daphné quasi nue

Elle s’allonge auprès d’elle, humant le mûrier à son tour

L’effet ne se fait pas attendre

De concert elles se caressent lentement

 

Les spores de l’arbre se dilatent

On dirait qu’il grandit, qu’il s’étend

Qu’il pousse  ses branches et grossit son manche

Que ses feuilles viennent toucher terre

Pour abriter cette Déesse et cet Ange

Regardant d’un œil bienveillant

Cet après-midi d’été qui va en se réchauffant

 

Un doux zéphyr fait bruisser les feuilles du Mûrier

Un air de musique lancinant se fait entendre

Les donzelles ne pensent plus qu’à  elles

Quant à nouveau l’horizon se déchire

Pour laisser apparaître une Duchesse

De longs voiles la couvrant

Telle une apparition évanescente

 

Doucement elle écarte une à une les branches du Mûrier

Et auprès du duo magique vient s’allonger

Une Bergère, une MarQuise et une Duchesse

Quel beau parterre au pied de cet arbre prestigieux

Qui filtrant l’air et la musique dans  son feuillage

Laissent de plus belle ses feuilles délivrer leurs effluves

Incitant ainsi ce trio à l’amour naissant

 

Les trois donzelles s’assoupissent peu à peu

L’air est lourd, pensées et gestes s’égarent

Des pensées érotiques se découvrent

Sous cet arbre dont le tronc monte au ciel

Elles s’imaginent lui suçant les bourgeons

Pour sentir en lui monter sa sève

Et doucement la porter à leurs lèvres

 

Les agapes célébrant l’été débutent

La fête de Beltane sous les arbres va commencer

Les donzelles s’éveillent et se préparent alors

A suivre Mouchette qui les entraînent gaiement

Dans une folle farandole sensuelle autour du Mûrier

Qui ne peut s’empêcher de dresser ses branches au ciel

Ses feuilles devenant douces et dures à la fois

 

En ne souhaitant à cet instant précis qu’une seule chose

Etre l’homme parmi ces femmes

Etre l’Elu qu’elles ont choisit

Pour disposer à son gré de ce quatuor incandescent

Ces douces chipies qui tous les après midi le narguent

Lui montrant leurs doux appâts

En dansant plus ou moins nues autour de lui.

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