Enfin

 

J’ai un message dans ma boîte mail.

J’ai ton propos qui s’affiche sous mes yeux. Tu m’annonces que ta tournée te mène non loin de moi et que tu vas provoquer enfin LA rencontre. Je me sens fondre, me désagréger à vrai dire quand je lis cela. Je l’ai tant souhaitée que je la redoute, là. Comme à mon habitude, sale habitude, des milliers de questions et d’angoisses se bousculent. Nos rapports sont quand même bien particuliers. Il y a peu, tu m’as confié me considérer comme une complice et non ou pas vraiment, je ne sais comment l’écrire, comme une soumise.

Je ferme mon esprit à ce stress somme toute inutile. Tu me donnes juste un jour, une heure, un lieu. Je souffle quand je vois que je n’ai rien de prévu qui pourrait contrarier ce moment si spécial.

Tu me laisses libre choix de ma tenue, à moi de savoir te plaire ajoutes-tu néanmoins.

Le jour J, je suis au rendez-vous. A l’aise et non dans un rôle qui me ferait paraître fausse. Sans talon mais dans une robe crayon qui flatte ce postérieur que tu affectionnes tant je patiente téléphone à la main.

Selon tes instructions je me dois de regarder le port et ne pas me retourner. Tu ne veux pas que je te vois venir vers moi. Effet de surprise total comme les yeux bandés m’as tu dis…

Enfin tu m’appelles. Je ne me retourne pas en décrochant. Ta voix basse et chaude m’envahit, me tétanise et me fait trembler. Un vrai contact physique. Tu détailles pas à pas ta venue vers moi et je sens mes fesses comme happées par ton regard. Viens le moment où je t’entends dans mon oreille et dans mon téléphone alors que je sens ton souffle dans mon cou.

Ne te retourne pas m’intimes tu. J’obéis et je raccroche. Tu effleures ma main en prenant mon téléphone pour le mettre dans ta poche je suppose et mes mains ne savent plus que faire. Le temps est comme suspendu. Puis je te sens alors de façon totalement impudique dans ce lieu si public qu’est l’ombrière, te coller à moi, ton sexe déjà dur contre mes fesses, ta bouche dans mon cou, ta langue sur ma peau et tes mains emprisonnant les miennes, doigts entrelacés.

La possession est totalement morale mais si prenante. Je crois que si tu ne me tenais pas ainsi dans tes bras, je me serais effondrée. Ton baiser se fait suçon, ton sexe plus dur plus présent contre ma robe qui me colle à la peau soudainement. Puis vient le moment où tu me chuchotes des choses de plus en plus sensuelles, sexuelles, m’exposant ta perversion de la vision que tu as de moi. Je me sens dégouliner, mes cuisses sont comme liquides, mon sexe comme une cascade. Je suis tentée de me retourner mais un tsss m’en dissuade. Toujours à l’aveugle, toujours aux sensations.

Puis tu me susurres « je t’attends à l’hôtel derrière toi, chambre 666, dans 10mn ». Puis un grand froid malgré la chaleur. Tu n’es plus là.

Les 10mn sont là pour que tu puisses retrouver ta chambre et moi reprendre mes esprits.

Les jambes encore flageolantes, je me retourne sachant que je ne verrais même pas ton dos et que là encore je serais dans l’obscurité de mon désir…

 

 

 

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