un jeudi soir sur la Terre

 

Un jeudi soir sur la Terre

 

1 an. 1 an s’est écoulé depuis notre dernier rendez-vous. Lui et moi, sommes en contact permanent, quasi quotidien sans avoir l’opportunité de nous voir de façon intime, nos vies, ses désirs l’ont voulu ainsi, j’en ai accepté les règles. L’invitation qu’il me fait, je l’accepte avec plaisir. Je sais, il sait, que cela sera un bon moment de partage, de complicité. Point d’anxiété, juste profiter de l’instant présent.

 

            Me voici devant son portail, le temps qu’il vienne ouvrir, j’enfile mes sandales à talons. J’ai juste mis une petite robe d’été avec laquelle je pense lui plaire et des dessous ivoires jamais portés ou presque, que j’adore. J’ai toujours mon cœur qui bondit quand je le vois, uniquement vêtu d’un jean et un tee-shirt, simplicité qui pourtant dégage une force féline, mon dieu, que je le trouve sexy. Je sors de la voiture et me voici déjà dans ses bras pour notre premier baiser, notre première morsure. Les jeux sont ouverts.

 

            Je le précède pour rentrer entourée de sa bande canine. Je fais attention de ne pas m’étaler, concentrée sur mes pas, et sur mon cœur qui tape fort. Je souris, et pense avoir à ce moment là comme souvent dans la soirée, un air un peu « ravie ». Je compte savourer chaque seconde pour m’en souvenir longtemps, comme à chaque fois.

 

            Je pose mon sac dans l’entrée, je remarque les changements, enfin, pas tous bien évidemment, j’aime son intérieur, son nouvel intérieur. Il lui ressemble. Nous sommes en cuisine, les verres sont remplis, les amuses gueules prêts, je le regarde si intensément qu’il me dit Et alors, et cela ne sera que le premier d’une longue série. Parfois je parle tant que je me soule mais  j’aime  aussi mes silences de plus en plus, éviter de parler pour ne rien dire.

 

            Assis au salon, la discussion se fait fluide, amicale, confidente, intérieurement je boue et j’hésite. Puis je chasse ces pensées du style, comment dois-je me comporter, aller vers lui, sur lui, le laisser venir, attendre l’ordre…mais je pense si fort que là encore il me demande Alors à quoi tu penses ? Incapable de feindre, je lui fais part de mon interrogation. Nous avons le temps, toute la soirée, zen…je souris, la conversation peut reprendre.

 

            Nos mains se touchent sur sa cuisse, se caressent. Nous changeons de boisson, le volet se ferme, la musique succèdent aux images sur l’écran. Il se rassoit et m’attires à lui, le temps de quelques baisers et me voici à plat ventre sur ses jambes. Ma robe est relevée, mes fesses vêtues de dentelle ivoire sont frémissantes sous sa main caressante. Mon souffle se fait court, je sais, je sens, ce qu’il va advenir de mon fessier. Il  m’interroges d’ailleurs là-dessus dans un rire doux et coquin, et, le temps que je réalise, la première fessée tombe, sèche, elle claque et je frissonne. De désir, il n’y a pas de surprise et pas encore de douleur. Le rituel est respecté, la main se fait caressante entre chaque, les coups sont espacés, long ou court, le dosage est savamment répartie sur chaque fesse ; au bout de quelques instants, la peau commence à piquer ; le manque d’entrainement sans aucun doute. Qu’importe, j’aime ça et il le sait.

 

Il m’aide à me redresser, se lève, et se glissant entre mes jambes, déboutonne son jean pour que je puisse le prendre en bouche, je le goute à nouveau après tous ces mois, je le redécouvre en douceur, presque tendrement ; j’aime lui donner ce plaisir car j’en prends énormément moi aussi. Je suis encore habillée mais déjà trempée. Je me lève, me demandant de me dévêtir, la robe glisse. Vient alors le moment où entrecoupé de baisers, ses doigts viennent plus attentivement titiller mes seins, d’un geste prompt le soutien gorge disparaît me laissant ainsi, le buste tremblant, quasi nue devant lui, le tee-shirt a rejoint ma robe, le jean ne tarde pas.

 

Me prenant la main il me demande Dans la chambre ? Alors, bien sûr cela peut sembler naturel, mais pour ma part, jamais je n’aurais imaginé aller dans sa chambre. Pensée ridicule sans aucun doute,  mais la surprise m’a un instant habitée et sans un mot je l’ai suivi, charmée.

 

Il s’allonge et tout naturellement je me positionne entre ses jambes pour poser ma bouche sur son sexe. S’en suit une douce joute entre son gland, ma langue, le bout de mes doigts et mes lèvres. Il savoure les yeux mi clos, je relève la tête et m’entend dire Et alors ? Et alors ? Rien, je suis bien, je suis là, sereine et je le reprends en bouche.

 

N’allons pas trop vite, la soirée ne fait que commencer, je suis un peu déstabilisée, mes moments câlins avec qui que ce soit sont toujours des moments volés donc presque bâclés dans l’ensemble. Il le sait. Et m’a promis un très bon moment avec en ligne de mire prendre le temps d’aimer, de souffrir, de gémir et de jouir. Je viens un moment contre lui, nos baisers sont torrides, mordant, joueurs. Me voici sur le ventre, lui derrière moi, presque sur moi, sa bouche parcours mes épaules mon cou mon dos, ses dents mordillent doucement, puis fermement, je suis partager entre l’envie de crier mords moi, et la panique que l’on puisse y voir des traces. Ses premières morsures sont un doux souvenir, une brulure sur ma peau, marque au fer rouge à jamais inscrite en moi. Son sexe se glisse entre mes cuisses, bute contre le tissu, me titille mais ne s’aventure pas encore, prenons le temps…Je veux jouer, allons-y. Il ne manque plus que les cordes…tu veux les cordes ? J’acquiesce, il sort alors un instant et revient les mains remplies de cordes, les pose sur le lit puis m’intime de me lever, il entrouvre son placard. Je vois la paire de menottes. Apres s’être assurée d’avoir la clé, me voici menottée, puis il prend une corde et la voici encordée, nœud après nœud je ne lâche pas son regard, vaincue et impatiente, inquiète et rassérénée.

 

Le voici jouant à nouveau avec mes tétons, fil conducteur de cette soirée avec la fessée. Il les pince, fort, très fort, je gémis, j’ai mal, je repousse toujours un peu plus mes limites, et pourtant il y a un moment où je montre ma douleur, et il sait qu’il faut stopper. Je ne perds rien pour attendre, mes fesses en sont pour leur frais. Là aussi, il sait jusqu’où je peux aller et ce que je peux endurer, je me tortille, il frappe, je gémis, il sourit, mais toujours à l’écoute, la main se fait caresse, le baiser dans le cou se fait tendresse.

 

La corde est défaite, les menottes sont enlevées, mais les seins ne sont pas pour autant délaisser..Plus fort, plus dur, plus douloureux, j’en pleure, mes larmes coulent, silencieuse, je ne proteste pas ou si peu. Il m’interroge du regard, me dit Encore ? Oui dis-je dans un souffle. Je dis oui ne sachant à quoi je m’attends, mais si je dis non, il ne se passe plus rien, enfin plus ce que je désire et qu’il aime avec moi aussi donc… la corde est posée différemment, me voici bâillonnée, le sexe exposée à cette corde si intimement posée. Les baisers, les mains, la bouche, mes fesses, bref balai de plaisir et douleur mêlés, mes doigts s’ankylosent, il lève le tout. Une brève pause pour un verre d’eau nous mène à la cuisine.

 

Le verre posé, sa main se pose sur mon dos, me faisant comprendre qu’il est temps de lui présenter mes fesses cambrées. Il s’immisce en moi, en douceur, la moiteur de mon ventre avale son sexe, c’est si chaud, si bon, que nous repartons dans sa chambre, il me dit alors lèche moi, juste avec la langue. Ma langue alors se fait coquine, joueuse, capricieuse, elle lèche, pourlèche ce gland, ce manche dressé puis il m’invite à venir m’empaler sur lui, uniquement vêtue de mes talons. Je vais et je viens, lui au creux de mes reins. Les baisers sont follement mordant, les regards dans l’obscurité semblent si profonds, si parlant que point n’est besoin d’échanger des paroles et pourtant il m’incite  à parler, à faire part de mes désirs, de mes attentes, de verbaliser ce que j’ai tant de mal à exprimer de mes fantasmes et que mon mental semble refréner malgré tout. Ses doigts torturent mes seins et m’invitent à lui rendre la pareille, je n’ose point trop, il me dirige, m’invite, me donner envie et j’y prends goût, je vais les pincer, les malmener à ma façon ses tétons, j’aime le faire pour son plaisir mais pour le mien aussi. J’aime ces moments où il m’invite à aller à la découverte, où j’apprends et où j’aime.

 

Par bribes je chuchote quelques mots, il sait déjà tout mais veut l’entendre, il sait que ce lâcher prise me bouffe, il sait que je veux simplement jouir, peut importe la façon, il faut juste qu’il trouve le bon bouton, mais encore faut il que je lui laisse l’accès à ces boutons. Rhétorique tout théorique pour me dire Mu arrête de penser avec ta tête, aime avec ton corps.

 

Le carcan se desserre doucement, le mental s’endort alors que le corps est dans l’attente, mon cœur, mon plaisir mon désir de lui joue beaucoup ce soir, je ne me force pas comme j’ai pu le faire tant j’étais dans l’attente. Je laisse faire, je me laisse aimer et j’aime. C’est si simple de l’écrire. Si simple, si évident quand hier je l’ai senti m’envahir, cette sérénité sensuelle. Le voici sur moi, en moi, chaque once de ma peau tendue vers lui. Il est au chaud, au fond de mon ventre, mes jambes changeant de position afin qu’il soit encore plus en moi, ses reins, ses coups de boutoir me possèdent, mon corps s’abandonne, à la recherche de son plaisir, si proche et si loin à la fois. Son doigt sur mon front m’intime de me laisser aller, je crois qu’il sent le virage abordé à ce moment là.

 

Le voici entre mes cuisses, sa bouche sur mon sexe, lèche, lape, mordille, suçote, mes mains sur ses épaules, j’ai envie de dire, Mu s’abandonne, lâche prise, ma main rejoint son visage, je m’offre un peu plus, il se redresse un moment plus tard, sa main fouille mon ventre, mon esprit s’échappe, le barrage se fendille puis s’écroule, le plaisir déferle, et je trempe son lit, la surprise est si grande pour moi que là, encore, je pleure mais surprise, de bonheur, de plaisir et de fierté. Ma fierté. J’ai vaincu mes barrières, mes démons, mes non-dits. Il y a tant et si peu de moments ainsi, si intimes que j’ai vécu avec lui, que je n’ai vécu qu’avec lui, car ce n’est pas la première fois que je pleure dans ses bras, que cela n’en rajoute que plus de valeurs à mes yeux et à mon cœur chamallow.

 

Je m’éclipse un instant et nous nous retrouvons pour un instant câlin, mes mains jouant avec son sexe, il sait que j’ai envie que je sais lui faire plaisir de cette façon là, et afin de voir si je n’ai rien oublié, ni lui du plaisir que je peux lui donner, vient le moment de lui pratiquer cette fellation qu’il affectionne tant.

 

Je l’entends soupirer, je sens son corps se tendre, je m’applique, je l’avale, sa main vient par moment dans mes cheveux, accompagnant le geste, je le goute, le déguste, je l’aime tout simplement, lui donnant là, à ce moment, le meilleur de moi même, le mener au plaisir, le faire jouir dans ma bouche, bien au chaud, dans ce doux cocon humide. Son sperme emplit ma bouche, je le garde un instant, je mémorise ce moment puis l’avale, ultime possession de cet amant que j’affectionne tant. Quelques secondes ma tête repose sur son ventre, ses mains n’ont cessé ou presque de me caresser, elles continuent alors que je rejoins le creux de son épaule pour un baiser salé.

 

Allons-nous nous assoupir ? Non, l’heure de la glace a sonné. Nous revoilà au salon pour cette petite dégustation sucrée. Cela sonne t-il la fin de la soirée ? Non plus, retournons au lit me dit-il. Je ne boude pas mon plaisir. Le câlin est plus calme, la fatigue se fait sentir, je le sens s’endormir..Ma bouche essaie de le réveiller, mais la sensibilité aura raison de moi, je dois abandonner la partie. Je sais alors qu’il est temps de rentrer. Il m’invite à la douche, je file. Puis je me rhabille.

 

Ça y est, c’est fini, comme dit la chanson. Mais là, point de regret ou à peine. Jai eu tout ce que je désirais et bien plus encore. Il y a des moments où les mots sont inutiles et où les décrire n’a pas de sens, il faut les vivre ; je les ai vécus. Je ne dois pas trop en demander, je m’en repars heureuse, fière, un peu fiévreuse de tout ce que j’ai reçu et de tout de ce qu’ai donné.

 

Une dernière étreinte avant de prendre la route, des baisers alors que je suis déjà au volant, la promesse du message une fois arrivée à destination, me voilà partie. Plein d’étoiles dans les yeux, de douces douleurs aux bouts des seins, des regards et de gestes tendres.

 

Comme la promesse a été tenue ! Comme cela a été simple ! Soupirs de désirs et sourires, sensations magiques pour un moment magnifique.

 

Merci.

 

 

 

 

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.